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L'Afrique manque cruellement de médecins

L’insuffisance du personnel médical rend difficile une amélioration de la prise en charge des soins de base. Les emplois proposés à l'étranger incitent chaque année des médecins et des soignants africains à venir travailler en Europe ou aux États-Unis.

Au Mozambique, on compte un médecin pour 50 000 habitants. À titre de comparaison, un médecin suisse suit entre 200 et 300 patients. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) évalue à un quart le nombre de médecins formés en Afrique et exerçant dans des pays de l’OCDE, et à un tiers le nombre de médecins originaires du Ghana ou du Zimbabwe.

Ceux qui restent le font par conviction et non pour le salaire qui, en Afrique, leur assure juste de quoi vivre. Les médecins outre-mer jouissent d’un niveau de vie élevé et de meilleures conditions de travail. À l’intérieur même du continent africain, on assiste à un exode rural ou du service public vers les cliniques privées qui accueillent une clientèle plus aisée.

Endiguer l’émigration

En 2009, l’OMS rédigeait un code de mesures visant à limiter l’émigration du personnel soignant. Les pays riches y sont appelés à renoncer au recrutement actif de personnel médical étranger, sauf si un accord bilatéral a été établi.

Il est demandé aux pays de l’OCDE de mettre en place des mesures ciblées afin d’assurer une formation suffisante de leur personnel à l’intérieur de leurs frontières. Quant aux pays en développement, ils doivent veiller à augmenter considérablement la part de leur budget réservé à la formation, à la formation professionnelle continue et aux salaires des professions médicales.