Un demi-million de mères meurent chaque année
10.05.10 16:42
Les mamans ne seront pas à l’honneur dans notre pays uniquement. Dans certains pays pourtant, le sort des futures mères est bien moins enviable quand on sait que leurs chances de survie durant la grossesse ou lors d’un accouchement sont relativement faibles.
En moyenne, une mère meurt chaque minute lors d’un accouchement. 99 pour cent d’entre elles vivent dans un pays en développement. En particulier dans ces pays, où l’assistance médicale et la prévention sont quasi inexistantes, les chances de survie des mères n’ont pas progressé depuis 1990.
Par ailleurs, près de 20 millions de femmes dans le monde souffrent toute leur vie de problèmes de santé suite à des complications liées à l’accouchement. Sur les huit objectifs inscrits au Millénaire pour le développement (OMD), l’amélioration de la santé maternelle (OMD 5) est, avec la réduction de la pauvreté, l’objectif pour lequel on accuse le plus grand retard. L’organisation mondiale de la santé OMS qualifie aussi ce phénomène mondial de «mortalité maternelle» d’«épidémie silencieuse».
Quatre mesures pour prévenir 80 pour cent des décès
La promotion d’une alimentation équilibrée, la planification familiale, l’accouchement des femmes en présence d’un personnel médical qualifié et un suivi durant et après la grossesse sont quatre mesures qui contribueraient à réduire de 80 pour cent le taux de mortalité maternelle.
La malnutrition est à l’origine d’au moins un décès sur cinq. Pour faire face à ces problèmes, des mesures politiques doivent être déployées pour garantir la sécurité alimentaire et la distribution de produits nutritifs. L’une des priorités est d’améliorer l’accès aux méthodes de planification familiale et d’informer les personnes sur leur utilisation. En étendant par exemple à deux ans l’intervalle entre deux grossesses, le risque de mortalité infantile est moindre.
En effet, mortalité infantile et mortalité maternelle sont liées. Esther Bodenmann, responsable du service «Questions & défense des droits» pour World Vision explique: «Il est dix fois plus probable qu’un enfant meurt lorsqu’il a déjà perdu sa mère. C’est pourquoi World Vision attire l’attention sur l’amélioration de la santé maternelle dans le cadre d’une campagne de santé mondiale intitulée «Des enfants en bonne santé partout dans le monde».»
L’Asie du sud et l’Afrique subsaharienne sont les deux régions les plus touchées par la mortalité maternelle et dans lesquelles le personnel accoucheur est le moins qualifié. «Près de 15 pour cent des accouchements entraînent des complications. L’expérience nous montre que si les mères et leurs enfants étaient pris en charge par un personnel qualifié, la mort pourrait être évitée dans la majorité des cas», poursuit Esther Bodenmann. C’est en Norvège et en Australie que vivent le mieux les mamans. La Suisse se place en quinzième position. Le dernier rang est occupé par l’Afghanistan.
En savoir plus sur la campagne de promotion de la santé «Des enfants en bonne santé partout dans le monde».



